Tribune: Pendant que les rouges sont incarcérés, les jaunes chantent et dansent (Siradio Kaalan Diallo)

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Étonnant et surprenant mais pas tout à fait.

Étonnant quand un décret présidentiel n’a plus de valeur. Quand des décrets présidentiels pleuvent  quotidiennement à la portée de tous sauf ceux qui s’y opposent au pouvoir.

Bénéficier d’un décret, d’une nomination n’est plus un mystère ni une mérite pour servir sa nation. La douceure de la Guinée actuelle dépasse les limites du possible. On dirait que des conteneurs de décrets stockés dorment à Sekoutoureah. Pour que ces décrets se signent et lisent à la télévision nationale, il suffit à beaucoup de lancer un mouvement de cinq, dix, quinze, vingt personnes pour chanter en faveur d’un pouvoir qui ne voit qu’une continuité dans sa gestion. Tout pour les copins, rien pour  les autres. L’essentiel est de rester aussi longtemps qu’il faut. Une vie descente de l’ensemble n’est point une question sur table.

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Créer un mouvement de soutien mène à deux endroits. Il faut parler au plaisir du pouvoir pour être parachuté à la fonction publique. Il faut aussi parler contre le pouvoir pour séjourner à la maison centrale. Pendant que l’administration se remplie du jour au jour. Les nominations tombent comme des mangues mûres. Conséquences des mouvements de soutien à notre grand parti au pouvoir. Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas pu ou voulu se vendre à nous? Ne sont-ils donc pas de guinéens? N’ont-ils donc pas de droit dans les privilèges d’être guinéen. Ceux de bénéficier d’un emploi descent en fonction de sa compétence. Vont-ils vendre leurs compétences à quel État si ce n’est à la Guinée?

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