CRIEF : Mamadou Saliou Diakité prend les commandes et promet une justice plus moderne

La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ouvre une nouvelle page de son histoire. Mamadou Saliou Diakité a officiellement succédé à Françis Kova Zoumanigui à la présidence de cette juridiction, au terme d’une cérémonie de passation de service organisée ce mercredi 28 octobre 2026. Entre bilan, projets inachevés et nouvelles ambitions, le changement de direction intervient dans un contexte marqué par les attentes en matière de lutte contre la corruption et de protection des deniers publics.

Après sa nomination en janvier 2024, Françis Kova Zoumanigui quitte ses fonctions en mettant en avant les efforts déployés pour renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de la Cour. Il a notamment évoqué l’adoption d’une feuille de route institutionnelle en avril 2026, ainsi que les initiatives engagées pour améliorer la formation des magistrats et du personnel judiciaire.

Les programmes de renforcement des compétences portent notamment sur les enquêtes financières, la criminalité numérique, le renseignement financier et le traçage des avoirs. Des projets de modernisation informatique, de gestion électronique des documents et d’élaboration d’un manuel de procédures administratives et financières figurent également parmi les chantiers engagés.

Le président sortant a toutefois reconnu que plusieurs objectifs restaient à atteindre. Il a notamment cité l’absence d’audiences foraines en 2026, la sécurisation des données judiciaires et la nécessité de poursuivre la digitalisation de l’institution. Il a également invité son successeur à relancer les démarches relatives à une mission de coopération envisagée avec Interpol.

Prenant la parole, Mamadou Saliou Diakité a exprimé sa volonté de consolider les acquis tout en insufflant une nouvelle dynamique au fonctionnement de la juridiction. Il entend promouvoir une justice moderne, transparente et équitable, rendue dans des délais raisonnables et dans le strict respect des droits des justiciables.

Le nouveau président a particulièrement insisté sur l’équilibre entre la répression des infractions économiques et financières et la préservation des garanties fondamentales du procès pénal. Selon lui, la fermeté judiciaire ne saurait justifier une remise en cause des droits des parties.

Il a également souligné les conséquences de la corruption sur le développement national, estimant que le détournement des ressources publiques compromet la réalisation des ambitions économiques du pays.

Saluant le travail de son prédécesseur, le personnel de la CRIEF a, pour sa part, réaffirmé sa disponibilité à accompagner la nouvelle équipe dirigeante.

Désormais à la tête de cette juridiction spécialisée, Mamadou Saliou Diakité devra traduire ses engagements en résultats concrets. La modernisation des services, le renforcement des compétences et l’efficacité des procédures constituent autant de défis pour une institution dont la crédibilité repose aussi sur l’impartialité et le respect de l’État de droit.

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