Trafic migratoire présumé vers le Canada : 20 millions GNF détournés, un instituteur condamné à Conakry
Le tribunal de première instance de Dixinn a rendu, jeudi 8 octobre 2026, son verdict dans une affaire d’abus de confiance et de tentative de trafic illicite de migrants impliquant Amadou Oury Bah, un instituteur poursuivi pour avoir détourné des fonds destinés à faciliter un voyage vers le Canada. Le prévenu a écopé d’un an de prison avec sursis et d’une amende de 500 000 francs guinéens.
Selon les faits examinés à l’audience correctionnelle, Amadou Oury Bah avait reçu une somme totale de 20 millions de francs guinéens de la part d’Adama Dabo. Cet argent devait servir à organiser le déplacement de cette dernière vers le Canada. Toutefois, les fonds n’auraient pas été déposés auprès de l’agence chargée des démarches de voyage.
Interrogé par le tribunal, l’instituteur, détenu depuis le 22 mars 2026, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué avoir agi à la suite d’une sollicitation d’un ami résidant en Belgique.
« J’ai un ami qui vit en Belgique, il m’a contacté pour dire qu’il a sa sœur qui veut aller au Canada. Il a envoyé pour la première fois 10 millions de francs guinéens, et la 2ème fois 10 millions de francs guinéens. Mais je n’ai pas déposé l’argent au niveau de l’agence », a-t-il déclaré devant les juges.
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que le prévenu avait utilisé les sommes reçues à des fins personnelles, au lieu de respecter l’engagement pris. Il a ainsi demandé au tribunal de le déclarer coupable d’abus de confiance et de prononcer une peine d’un an de prison avec sursis, assortie d’une amende d’un million de francs guinéens.
Après examen du dossier et des déclarations faites à l’audience, le tribunal a suivi les réquisitions sur la peine d’emprisonnement, mais a revu à la baisse le montant de l’amende. Amadou Oury Bah a donc été reconnu coupable des faits mis à sa charge et condamné à un an de prison avec sursis ainsi qu’au paiement de 500 000 francs guinéens.
