Liberté de la presse en Guinée : entre recul alarmant et appel urgent à l’action

3 mai en Guinée

À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, l’AMDH-Guinée dresse un constat préoccupant de la situation nationale, marquée par reculs, menaces et précarité, tout en appelant autorités, médias et société civile à des actions urgentes pour garantir droits, sécurité et dignité des journalistes en Guinée aujourd’hui.

 

DÉCLARATION DE L’AMDH A L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, DIMANCHE 3 Mai 2026.

Chères consœurs et confrères,

Mesdames et Messieurs,

Le 36ème anniversaire de la déclaration de WINDHOEK qui a donné naissance à la journée internationale de la liberté de la presse que nous célébrons aujourd’hui, marque une étape importante de la lutte pour la liberté de la presse dans toutes les régions du monde. Cette déclaration de WINDHOEK affirme clairement que la liberté de la presse est indispensable à l’existence de la démocratie et constitue une aspiration fondamentale de la personne humaine.

Il n’est pas superflu de rappeler que cette déclaration de Windhoek n’est rien d’autre que la réaffirmation de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui stipule que : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

En ces instants de ferveur, mais aussi de souvenir, nous nous inclinons pieusement devant la mémoire de tous les journalistes guinéens arrachés à notre affection en 2025 et au début de cette année, sans oublier d’adresser nos sincères vœux de prompt rétablissement à toutes celles et à tous ceux qui sont malades alités dans les hôpitaux, dans les foyers ou en état de convalescence.

En dehors de son caractère festif, la journée du 3 Mai est surtout une opportunité solennelle pour nous journalistes de rappeler à notre

gouvernement et au public, l’importance de la liberté de la presse et le fait que des bonnes volontés ainsi que des organisations de la société civile continuent de lutter dans notre pays et à travers le monde pour conquérir ou restaurer cette liberté. C’est aussi l’occasion d’interpeller les décideurs politiques et les patrons de presse sur leur rôle et responsabilité pour l’amélioration conséquente de nos conditions de vie et de travail. Si nous pouvons nous réjouir aujourd’hui du fait qu’aucun journaliste guinéen n’est en prison ou devant les barreaux, mais les défis et les contraintes demeurent nombreux et persistants.

Chers consœurs et confrères,

Mesdames et Messieurs,

Le classement mondial 2026 de la liberté de la presse, relève que plus de la moitié des pays sont en situation « difficile » ou très grave. Selon Reporters-Sans-Frontières, en 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. Il ressort de ce classement que la Guinée occupe le 111è rang sur 180 pays évalués.

Au regard de ce tableau peu reluisant, notre pays qui avait perdu 7,5 points l’année

dernière et 25 places dans le classement, continue hélas, de chuter pour perdre encore 4 points cette année. Sans vouloir nous voiler la face, il importe de reconnaitre que :

– La fermeture de certains médias de grande écoute depuis 2O24 ;

– La disparition de notre confrère Habib Marouane Camara il Ya

près de deux ans ;

– Les agressions récurrentes contre les journalistes ;

– Les menaces et intimidations fréquentes d’individus connus ou

anonymes qui planent sur les journalistes ;

– Les multiples et nombreuses suspensions des journalistes ainsi ;

que des médias dont ils relèvent ;

– Les conditions précaires des femmes et des hommes des médias et autres coupures intempestives d’internet, figurent parmi les causes les plus connues et les plus fréquemment citées.

Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, pour inverser la tendance en vue d’améliorer la position de la guinée au prochain classement mondial de la liberté de la presse,

l’ALLIANCE DES MEDIAS POUR LES DROITS HUMAINS. EN GUINEE, recommande :

AU GOUVERNEMENT :

✓ De diligenter des enquêtes judiciaires sur la disparition de

Habib Marouane Camara ;

✓ De garantir davantage la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit à l’information ;

✓ De renforcer la protection et la sécurité des journalistes en tous lieux et en toutes circonstances ;

✓ D’assurer un traitement équitable de tous les journalistes dans la couverture des événements officiels ;

✓ De finaliser le processus d’acquisition de la convention collective des journalistes des médias privés ;

✓ D’améliorer et actualiser le cadre légal régissant la presse guinéenne ;

✓ D’accompagner techniquement, matériellement et financièrement la numérisation des médias publics et privés.

AUX ASSOCIATIONS ET ORGANISATIONS DES MEDIAS :

✓ De veiller sans relâche au respect de l’éthique et de la

déontologie qui régit l’exercice du métier de journaliste ;

✓ De préserver la paix, la cohésion sociale et l’unité

nationale ;

✓ De renforcer la collaboration, la confraternité et la solidarité au sein de la corporation afin de préserver et garantir les intérêts matériels et moraux de tous les journalistes.

Bureau exécutif de l’AMDH-Guinée

BONNE FETE A TOUTES ET A TOUS !

JE VOUS REMERCIE !

Conakry, le 03 Mai 2026

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