Handicap : la CEDEAO renforce son soutien aux enfants guinéens avec un ambitieux programme d’assistance
Guinée
Un comité du département des Affaires économiques et sociales de la CEDEAO séjourne actuellement en Guinée dans le cadre d’une mission de plaidoyer et de sensibilisation relative à la mise en œuvre du Programme de fourniture d’appareils d’assistance aux enfants en situation de handicap. Ce projet concerne trois pays : la Gambie, le Sénégal et la Guinée.
Cette mission vise spécifiquement à sensibiliser les principales parties prenantes de l’inclusion des personnes en situation de handicap, notamment le ministère en charge de l’Inclusion, le représentant spécial et les organisations de personnes handicapées (OPH), sur le Programme d’appui de la CEDEAO pour la fourniture d’appareils d’assistance aux enfants en situation de handicap. Elle a également pour objectif d’informer les acteurs concernés sur les modalités de mise en œuvre du projet, de collecter des données sur les équipements à acquérir et de renforcer la collaboration entre la Commission de la CEDEAO et le ministère en charge de l’Inclusion au niveau national.
En marge de cette mission, un atelier de deux jours a été organisé à l’intention des personnes en situation de handicap. Les travaux ont pris fin ce mercredi 24 juin à Conakry.
Pour Ousmane Diané, chargé du plaidoyer à la Fédération des personnes handicapées de Guinée, « le programme de la CEDEAO vient à point nommé. Il s’agit de distribuer des technologies d’assistance aux personnes en situation de handicap, notamment aux enfants. Cette initiative arrive au bon moment, car il est établi au niveau national que nos enfants n’ont pas accès à ces technologies. Lorsqu’on parle de technologies d’assistance, il s’agit notamment de prothèses pour les enfants ayant un handicap physique, de fauteuils roulants, de tricycles adaptés, entre autres. Cela concerne également les prothèses auditives destinées aux personnes déficientes auditives. »

Il poursuit : « Vous savez qu’il existe une école pour les sourds-muets. Les élèves ont besoin de ces technologies d’assistance pour apprendre et s’épanouir dans leur environnement scolaire. Il y a aussi les tablettes et les amplificateurs de son. Quant aux personnes déficientes visuelles, elles ont également besoin de technologies d’assistance telles que les cannes blanches pour les non-voyants ou encore des tablettes adaptées aux aveugles. La Guinée dispose d’une école pour les personnes aveugles, située à la Cité Solidarité. L’ensemble de ces technologies permet aux enfants en situation de handicap de s’intégrer pleinement dans la société et surtout de mieux évoluer dans leur milieu d’apprentissage. »
De son côté, François Dopavogui, président de l’Association guinéenne pour la promotion des personnes en situation de handicap, a salué cette initiative de la CEDEAO. « Nous attendions cette action. Lorsqu’il s’agit des personnes en situation de handicap, en particulier des enfants, une telle initiative est essentielle. Elle contribue à notre épanouissement, à notre prospérité et à notre inclusion. »

Il ajoute : « Nous avons encouragé cette opération, car elle est d’un grand intérêt pour nous. Comme vous avez pu le constater, toutes les catégories de personnes en situation de handicap étaient représentées. Les échanges ont été très enrichissants et chacun en a tiré profit. Cela contribue à notre épanouissement, à notre reconnaissance par les institutions et à notre inclusion. L’inclusion signifie que tous les secteurs de la vie nationale doivent prendre en compte la situation des personnes en situation de handicap. »

Prenant la parole, Abimbola Oyelohum, cheffe du Programme social et développement de la Commission de la CEDEAO, est revenue sur les principaux enseignements de l’atelier. « Parmi les points saillants, il y a eu de nombreuses interactions et des échanges très fructueux. Il en ressort que les autorités gouvernementales doivent consentir davantage d’efforts, notamment en matière de mobilisation des ressources. Elles doivent également investir dans la collecte des données, car celles-ci permettent de mieux comprendre la situation, de mieux agir et d’orienter efficacement les politiques publiques en faveur des personnes vivant avec un handicap », a-t-elle expliqué.
Elle a toutefois regretté que « malheureusement, aujourd’hui, ces personnes restent largement invisibles. Nous devons leur donner davantage de visibilité. Les autorités doivent agir en mobilisant plus de ressources, tant techniques que financières. Elles doivent également veiller à ce que les données soient collectées et exploitées à bon escient. »
Il convient de rappeler que la Commission de la CEDEAO a approuvé un budget de 300 000 dollars américains pour la troisième phase du Programme de fourniture d’appareils d’assistance aux enfants en situation de handicap dans la région. Cette initiative vise à promouvoir leur inclusion sociale et à réduire leur vulnérabilité, conformément à l’objectif 4 des priorités stratégiques « 4 × 4 » (2022-2026) de l’actuelle mandature de la Commission de la CEDEAO.
M.B.B
