Évacuation de Damaro et Kassory : « Ce n’est ni une grâce, ni une amnistie », clarifie Doumbouya
Guinée
Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, s’est exprimé sur l’autorisation accordée à Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale, et Ibrahima Kassory Fofana, ancien Premier ministre, de quitter le territoire guinéen pour des raisons sanitaires.
Dans une déclaration adressée directement à la nation, le chef de l’État a d’abord insisté sur le maintien des décisions judiciaires prises à l’encontre des deux anciens hauts responsables. « La justice guinéenne a été saisie. Elle a instruit, elle a jugé, elle a condamné. Elle l’a fait souverainement, au nom du peuple guinéen et de lui seul. Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée », a-t-il précisé.
Mamadi Doumbouya explique ensuite que son autorisation repose exclusivement sur des considérations humanitaires. Il affirme avoir été informé de l’état de santé des deux personnalités et avoir estimé nécessaire leur prise en charge médicale à l’étranger. « Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. L’état de santé de ces deux hommes a été porté à ma connaissance et documenté. Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard. J’ai donc autorisé, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, leur évacuation vers des structures de soins appropriées », a déclaré le président.
Le chef de l’État a également tenu à distinguer cette mesure sanitaire d’une quelconque décision judiciaire. « Cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité, assumé devant vous », a-t-il martelé.
Enfin, le président a défendu une approche fondée sur la justice, mais aussi sur l’apaisement. « Je veux une Guinée qui juge sans haine et qui sanctionne sans acharnement », a-t-il affirmé, appelant à dépasser les ressentiments pour privilégier la réconciliation nationale et la construction du pays.
