Macky Sall, président sénégalais et président en exercice de l’union africaine s’est prononcé sur les coups d’État qui sont intervenus dans la sous-region ouest africaine. Selon lui, pour le cas guinéen la CEDEAO va prendre des mesures.
« Tout cela est le reflet de la crise profonde qui frappe ces pays. Les coups d’État ne sont pas pour autant une solution. Ce n’est pas acceptable. Nous avons essayé, dans le cadre de la Cedeao, d’accompagner ces pays afin que leurs périodes de transition soient de courte durée. Une transition, par définition, n’a pas vocation à s’éterniser, il faut être raisonnable », diit-il. Ajoutant que « bien sûr, si les institutions africaines rencontrent des difficultés avec la Guinée, le Mali et le Burkina, c’est parce que ces pays représentent des enjeux géostratégiques pour l’Est comme pour l’Ouest. La compétition entre grandes puissances rend les solutions difficiles à trouver ».
« Au Mali, souligne-t-il, les putschistes sont au pouvoir depuis vingt mois déjà. Nous acceptions de leur laisser seize mois de plus. La junte, elle, a parlé de [rester encore] vingt-quatre mois. J’estime que, en prenant surtout en considération les souffrances du peuple malien, nous pouvons nous mettre d’accord sur une échéance qui serait comprise entre seize et vingt-quatre mois ».
Parlant de la Guinée, dirigée le colonel Mamadi Doumbouya depuis l’arrestation du président Alpha Condé le 5 septembre dernier, Macky Sall annonce des jours pas faciles pour le pays.
« Pour la Guinée, la Cedeao va devoir prendre des mesures. Nous étions tout à fait disposés à collaborer avec les nouvelles autorités pour accompagner la transition. Réponse sans appel de la junte : ce sera trente-neuf mois ! C’est impensable. Le Burkina, lui, semble plus raisonnable dans ses discussions avec l’organisation ouest-africaine », informe-t-il dans les colonnes de jeune Afrique.
Facely Camara