Guinée : un rapport d’AMINES alerte sur les impacts du projet Simandou dans les communautés
Projet Simandou
L’ONG Action Mines Guinée (AMINES) a rendu public le deuxième rapport annuel de suivi citoyen du projet minier Simandou, mettant en lumière plusieurs impacts environnementaux et sociaux dans les localités traversées par les infrastructures du projet. Les conclusions ont été présentées à la presse par les responsables de l’organisation et des représentants des comités de suivi communautaires.
Ces comités ont mené des observations dans sept localités situées dans les préfectures de Forécariah, Kindia, Mamou, Kérouané et Beyla, des zones traversées par la voie ferrée reliant les sites miniers au port d’exportation. Les constats sont consignés dans un document intitulé « Simandou face aux communautés : Réalités de terrain et plaidoyer pour une justice environnementale et sociale ».
Selon le rapport, plusieurs entreprises engagées dans le projet sont mises en cause pour des manquements liés à la protection de l’environnement et au respect des droits des populations locales. Parmi les problèmes récurrents figurent la pollution des cours d’eau, l’inondation de terres agricoles par des boues issues des travaux, ainsi que la dégradation de certaines zones de pêche.
« La première préoccupation majeure commune à presque toutes les communautés est la pollution des cours d’eau, affectés par les activités des entreprises impliquées dans les différentes composantes du projet », a expliqué Ibrahima Sory Kourouma, responsable du suivi du projet Simandou à AMINES. Il évoque également l’envahissement de terres cultivables non expropriées par des résidus de chantier, le long du corridor ferroviaire.
Le rapport mentionne aussi des fissures dans plusieurs habitations, attribuées aux dynamitages effectués lors des travaux, notamment dans la zone de Kabak et autour du tunnel de 11 kilomètres. Plus d’une centaine de bâtiments auraient été touchés. Les mesures de réparation engagées, jugées insuffisantes, n’auraient pas permis de résoudre durablement le problème.
La question des déplacements de populations et des compensations est également soulevée. Certaines communautés, comme celle de Bantamaya à Ouré Kaba, attendent toujours les conditions nécessaires à leur réinstallation.
Tout en reconnaissant l’importance stratégique du projet Simandou pour l’économie guinéenne, AMINES appelle à davantage de dialogue, de transparence et de collaboration entre les entreprises, l’État et les communautés afin de garantir une justice environnementale et sociale.
