Guinée : fraudes à l’assurance des artistes, Moussa Moïse Sylla hausse le ton et promet des contrôles stricts

Guinée

Les artistes guinéens bénéficient, depuis quelque temps, d’une assurance maladie. Toutefois, selon le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, ce dispositif fait l’objet d’abus de la part de certains bénéficiaires.

« Je termine par un message à l’endroit de tous ceux qui bénéficient de l’assurance maladie, de la police d’assurance, qui est une initiative du président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya. Cette carte d’assurance, je pense que c’est une exception sur le continent. Elle vous permet de vous faire soigner gratuitement : les produits pharmaceutiques, vous ne payez absolument rien ; vous êtes hospitalisés gratuitement ; vos examens médicaux sont effectués gratuitement. Et quand c’est gratuit, permettez-moi de vous le dire, le Guinéen exagère. Ce constat a été fait à plusieurs reprises », a déclaré Moussa Moïse Sylla lors d’une conférence de presse, ce vendredi 10 avril 2026.

Il prévient que « nous serons obligés, à cause du comportement de certains, de fermer un tout petit peu le robinet ». Il souligne que chaque année, 10 milliards de francs guinéens sont mobilisés pour assurer la couverture des artistes.

« Vous avez de vrais malades, qui sont des doyens. Dans certains pays, lorsque vous vous inscrivez à une assurance, à partir d’un certain âge, vous n’êtes pas pris en charge parce que vous êtes considéré comme un client à risque. C’est comme si vous preniez un vieux véhicule pour demander une assurance : celle-ci refuserait, car le risque est trop élevé. Mais chez nous, nous estimons que ce serait une injustice. Ces doyens, âgés de plus de 75 ans, ont tout donné au pays. À l’époque, il n’existait aucun mécanisme de protection pour eux. Aujourd’hui que ce mécanisme existe, nous ne pouvons rien faire pour ceux qui sont décédés, mais ceux qui sont en vie doivent être pris en charge », a expliqué Moussa Moïse Sylla.

Le ministre dénonce également des pratiques frauduleuses impliquant certains patients, professionnels de santé et pharmacies.

« Ce sont des traitements qui coûtent extrêmement cher, et ces doyens sont de véritables malades. Mais vous avez aussi des personnes qui, pour de simples maux de tête, se rendent à la pharmacie et, en complicité avec certains acteurs, gonflent les prescriptions. Après une consultation avec un médecin complice, une ordonnance peut atteindre 20 millions de francs guinéens, alors que le patient n’a besoin que de quelques comprimés de paracétamol. À la pharmacie, toujours avec la même complicité, il ne reçoit que des produits d’une valeur de 500 000 francs, et le reste de la somme est partagé. Ces pratiques ont été constatées à plusieurs reprises », a-t-il dénoncé.

« J’informe donc tous les détenteurs de la carte que des instructions ont été données au BGDA ainsi qu’à l’assurance NSIA : tout sera désormais contrôlé, que ce soit les hospitalisations ou la délivrance de médicaments. Nous ne voulons pas que quelques individus profitent de cette assurance pour s’enrichir au détriment des autres », a-t-il martelé.

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