Face aux dirigeants africains, Doumbouya trace la feuille de route d’une Afrique plus forte
Mamadi Doumbouya au siège de l'union africaine
Le président guinéen Mamadi Doumbouya participe actuellement au 39ᵉ sommet de l’Union africaine (UA), qui se tient à Addis-Abeba, en Éthiopie. Ce samedi 14 février 2026, il s’est exprimé pour la première fois en tant que président de la Guinée à cette tribune continentale.
« C’est pour moi un grand honneur de prendre la parole aujourd’hui à l’occasion de la première participation de la République de Guinée à un sommet de l’Union africaine depuis l’avènement de notre Cinquième République, à la suite de l’élection présidentielle qui a consacré la volonté souveraine du peuple guinéen de poursuivre la refondation », a déclaré Mamadi Doumbouya. Il a également rappelé que « depuis nos pères fondateurs, la Guinée a toujours porté haut l’idéal panafricain. Aujourd’hui, plus que jamais, cet idéal doit guider notre action collective ».
Face aux chefs d’État africains, le président guinéen a affirmé vouloir porter la voix des populations du continent. « Nos peuples attendent des résultats concrets. Ils attendent de nous non seulement des déclarations, mais surtout des transformations tangibles dans leur quotidien : l’accès à l’énergie, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la dignité économique », a-t-il souligné.
Dans cette dynamique, il a évoqué les réformes engagées en Guinée. « La Guinée a initié une transformation profonde à travers un repositionnement diplomatique, économique et institutionnel. Notre conviction est claire : il n’y a pas de souveraineté politique durable sans souveraineté économique, et il n’y a pas de développement inclusif sans maîtrise stratégique de nos ressources naturelles, humaines et technologiques », a-t-il expliqué.
Le chef de l’État a également mis en avant les atouts du continent africain, notamment « la jeunesse la plus dynamique du monde, des ressources naturelles abondantes, un potentiel agricole immense et une capacité d’innovation croissante ».
Pour concrétiser ces ambitions, Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité d’un effort collectif entre les nations africaines. Il a ainsi identifié trois priorités majeures : l’industrialisation, l’intégration économique et le développement du capital humain.
« Premièrement, l’industrialisation et la transformation locale de nos ressources. L’exportation de nos matières premières sans valeur ajoutée ne peut plus être la norme. Nous devons produire, transformer et commercer en Afrique », a-t-il déclaré.
« Deuxièmement, l’intégration économique et le développement des infrastructures continentales. Routes, chemins de fer, réseaux énergétiques et numériques restent sous-exploités faute d’interconnexion réelle, malgré la mise en place de la zone de libre-échange africaine », a-t-il poursuivi.
Enfin, il a insisté sur l’importance du capital humain. « L’éducation, la formation technique, la science, l’innovation et, désormais, l’intelligence artificielle doivent devenir les piliers de notre compétitivité collective », a-t-il affirmé.
Le président guinéen a assuré que son pays s’inscrit pleinement dans cette vision à travers un programme de transformation socio-économique à long terme visant à bâtir une économie diversifiée, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement, tout en renforçant la stabilité institutionnelle et la confiance des partenaires.
« Nous savons que le destin de nos nations est lié. Aucune réussite nationale durable ne peut se construire en dehors d’une Afrique forte, stable et intégrée », a-t-il insisté.
Dans sa conclusion, Mamadi Doumbouya a lancé un appel à un panafricanisme pragmatique et axé sur des résultats concrets. « Nous appelons à un panafricanisme fondé sur des projets concrets, des investissements structurants, la solidarité économique et la sécurité collective. Chers frères et sœurs africains, l’histoire nous observe, nos peuples nous regardent. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire entrer l’Afrique dans une nouvelle phase : celle de la transformation, de la souveraineté assumée et de la prospérité partagée. La Guinée prendra toute sa part dans ces efforts collectifs avec unité, détermination et esprit de fraternité africaine », a-t-il conclu.
