La Guinée traverse, depuis plusieurs semaines, une crise de liquidité sans précédent. Pour y faire face, le président de la République a instruit le gouvernement de procéder à l’émission de nouveaux billets de banque afin d’injecter davantage de liquidités dans le circuit économique.
Ces orientations ont été données par le général Mamadi Doumbouya ce mardi 17 mars 2026, à l’occasion d’une visite inopinée à la Primature, en marge du conseil interministériel présidé par le Premier ministre, Bah Oury.
« L’économie réelle de la Guinée souffre aujourd’hui d’un déficit de circulation des espèces. À cet effet, le président a donné des instructions pour l’impression de nouveaux billets. Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité, dans un délai de trois à quatre mois, d’accélérer la modernisation des moyens de paiement », a expliqué le chef du gouvernement.
Bah Oury a également souligné l’importance de promouvoir les paiements électroniques, à l’image de certains pays où l’usage des espèces est fortement limité : « Dans plusieurs économies, l’essentiel des transactions se fait à travers les banques et les moyens de paiement électroniques. Nous devons nous orienter dans cette direction, car cela constitue un levier de modernisation et de fluidification de la circulation monétaire, avec un impact significatif sur les performances économiques nationales. »
Poursuivant, le Premier ministre a indiqué que le président de la République souhaite aligner la Guinée sur les standards internationaux en matière de circulation monétaire : « Dans certains pays de référence, plus de 85 % de la masse monétaire n’est pas détenue sous forme d’espèces. Nous devons progressivement tendre vers ce modèle. »
Il a enfin annoncé que le gouverneur de la Banque centrale, ainsi que le ministre de l’Économie et des Finances, s’exprimeront prochainement sur cette question. « Une communication officielle sera faite dans les jours à venir afin d’éclairer l’opinion sur la rareté actuelle des espèces dans le circuit économique. Nous sommes déterminés à résoudre ce problème avec l’adhésion et la participation de l’ensemble des acteurs économiques », a-t-il assuré.
