Bogola Haba :  » J’imagine que Macky Sall seul n’agira pas au nom de la CEDEAO »

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« J’ai vu la réaction de Macky Sall de l’Union Africaine qui, évidemment menace la Guinée par rapport à la décision que la CEDEAO doit prendre. Face à cela, la première des choses c’est que je ne souhaite pas que la CEDEAO fasse les mêmes erreurs que le Groupe international de contact sur la Guinée en 2010 », a déclaré Keamou Bogola Haba.

Pour ce leader politique qui soutient mordicus la junte au pouvoir, « c’est extrêmement important de rappeler l’histoire. Le Groupe international de contact sur la Guinée à l’époque qui agissait au nom de la communauté internationale s’est mis en collusion avec les forces politiques hostiles à la junte pour demander d’aller vite aux élections et que le président qui serait élu va faire les réformes nécessaires, il va nettoyer le pays. Et c’est ce que nous avons fait, la constitution n’a même pas été soumise au référendum à cause de cette injonction. Et donc la conséquence est que nous sommes revenus à un autre coup d’Etat et à une autre transition. Et donc nous pensons que c’est une erreur à l’interne que les Guinéens veulent corriger et nous souhaitons que la communauté internationale à travers la CEDEAO corrige la même erreur. Les Guinéens cette fois-ci ont demandé qu’on ait un nouveau fichier, qu’on ait une nouvelle constitution et qu’on nettoie le dossier judiciaire de la Guinée. Pour que les élections soient non seulement propres mais aussi les candidats qui participent aussi aient des dossiers propres . Et cela permettrait d’aller dans des élections, que ça soit la dernière transition. Donc nous demandons à ce que la communauté internationale, dont la CEDEAO, comprenne les citoyens guinéens. Ils ont fait la première erreur à ne pas écouter les citoyens, ils ont écouté monsieur Alpha Condé sinon on ne serait pas là. Donc cette fois-ci, nous les exortons plutôt à venir en Guinée écouter les Guinéens, qu’est-ce que les Guinéens veulent ? Et qu’on s’accorde sur les 36 mois et ceci permettrait plutôt d’aller vers une transition que d’imposer la radicalisation. Parce que le risque d’imposer à la Guinée un chronogramme pourrait créer un désaccord entre eux et les nouvelles autorités, cela pourrait les radicaliser. Parce que aujourd’hui le Mali et la Guinée marchent ensemble évidemment le Burkina aussi. Je crois que ces 3 pays sont très stratégiques. Il faut plutôt écouter la Guinée aujourd’hui qui est un pays important pour la CEDEAO. Parce que toute décision qu’on prendra sur la Guinée c’est que le Mali sera solidaire à la Guinée. Comme la Guinée est solidaire au Mali. Et donc il ne faut pas séparer les deux dossiers, y compris celui du Burkina Fasso. Nous pensons que la CEDEAO doit écouter les citoyens au lieu d’imposer.

Je crois que nous comprenons la position de Macky Sall. Macky et le président du Nigeria, nous comprenons qu’ils ont une certaine position pour un certain nombre de leaders en Guinée. Nous pensons que pour cela, il a des intérêts personnels. Maintenant ceci dit, nous pensons aussi qu’ils se disent que le cas de la Guinée c’est maintenant que la Guinée vient de donner les 36 mois. J’imagine que lui seul n’agira pas au nom de la CEDEAO. La CEDEAO c’est un ensemble de pays dont la Guinée. Et nous aurons notre mot à dire. Et ce qu’ils oublient aussi que la Guinée à sa Banque centrale, que la Guinée est un pays qui a un certain nombre d’éléments qu’on ne peut pas toucher contrairement aux pays de L’UEMOA. Donc la Guinée est différente en certains points en ce qui concerne sa souveraineté monétaire, des transactions et autres choses. Et la Guinée a des intérêts stratégiques… Seule la Guinée peut influer sur le marché de la bauxite . Ce qui n’est pas le cas ni pour le Burkina Faso, ni pour le Mali. Donc il faut qu’ils tiennent compte de la position stratégique et du poids de la Guinée dans ces projets, y compris le fer ».

 

MBB

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