CRIEF : le parquet réclame un alourdissement de la peine contre Dr Mohamed Diané en appel
Guinée
Le procès en appel de l’ancien ministre guinéen de la Défense, Dr Mohamed Diané, a pris une nouvelle tournure ce jeudi 23 juillet devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Déjà condamné en première instance à cinq ans de prison en décembre 2024, l’ex-ministre fait désormais face à des réquisitions beaucoup plus sévères du ministère public.
Lors de l’audience, le parquet a requis une peine de dix ans d’emprisonnement, une amende de 50 milliards de francs guinéens ainsi que la confiscation de l’ensemble de son patrimoine. Les magistrats estiment que les faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux sont suffisamment établis.
Représentant l’État guinéen, Me Pépé Antoine Lamah a demandé la confirmation du jugement de première instance tout en sollicitant l’extension des mesures de confiscation aux biens enregistrés au nom de l’épouse et des enfants de l’ancien ministre. Il a toutefois plaidé pour que le domaine agricole de Baladou soit exclu de cette procédure, affirmant qu’il appartient légalement à la société Diaouné et Frères. Il a également demandé que les biens de Sékou Kaké ne soient pas concernés, leur situation faisant déjà l’objet d’une autre procédure.
Dans ses réquisitions, le substitut du procureur spécial, Biwon Millimouno, a notamment évoqué le marché d’acquisition de pick-up militaires attribué à Djoma Group SA, dénonçant des irrégularités dans la passation du contrat. Le parquet considère également que les revenus officiels de Dr Mohamed Diané ne permettent pas de justifier l’importance de son patrimoine et lui reproche un cumul irrégulier de rémunérations entre 2015 et 2021.
Pour rappel, en première instance, l’ancien ministre avait été condamné à cinq ans de prison, cinq milliards de francs guinéens d’amende et au paiement de 500 milliards de francs guinéens de dommages et intérêts à l’État. À la clôture de l’audience de ce jeudi, la Cour n’avait pas encore rendu son arrêt.
