En Afrique, le deuil est avant tout un moment sacré de communion, de recueillement, de compassion et de solidarité envers les familles éplorées. C’est un temps de dignité, de retenue et de respect, où les proches, les amis, les parents et les alliés viennent partager la douleur et apporter un soutien sincère. Si la porte reste ouverte à tous par tradition et humanité, chacun sait néanmoins que ce moment n’est ni une tribune, ni une scène d’exposition publique.
Malheureusement, notre époque voit se banaliser une dérive regrettable : l’instrumentalisation du deuil à des fins de communication et de propagande. Pour certaines personnalités publiques, chaque circonstance, même la plus douloureuse, devient une opportunité de visibilité et de repositionnement politique. Cette confusion entre compassion sincère et calcul politique constitue une atteinte grave à l’éthique sociale et aux valeurs de respect qui entourent le deuil.
La visite de Ousmane Gaoual Diallo à Hadja Halimatou Dalein Diallo, suite au décès de l’un de ses frères, aurait pu relever d’un simple geste de condoléances dans un cadre strictement privé. Mais lorsqu’un tel acte est mis en avant et présenté comme une posture d’humanité au-dessus des clivages politiques, il suscite inévitablement des interrogations légitimes. Ce qui est présenté comme un élan de compassion apparaît, en réalité, comme une manœuvre politique destinée à attendrir les cœurs au sein de l’UFDG, formation qu’il a pourtant combattue et profondément fragilisée.
Quoi qu’il fasse ou déclare, nul ne peut faire oublier qu’il fut l’un des acteurs majeurs des crises et des turbulences ayant affecté le parti de El Hadj Cellou Dalein Diallo, dont il a longtemps été un proche collaborateur avant de s’en éloigner dans des conditions connues de tous. Tenter aujourd’hui de se draper dans une posture d’apaisement à travers des gestes hautement symboliques relève moins de la sincérité que d’une stratégie de requalification politique.
Il est donc inacceptable que la douleur d’une famille serve de support à des opérations d’image ou à des calculs opportunistes. Le deuil ne saurait être instrumentalisé, encore moins transformé en outil de reconquête politique. Se livrer à ce type de mise en scène revient à porter atteinte à la dignité du moment et au respect dû aux familles endeuillées.
À l’UFDG, la lucidité est désormais de mise. Au-delà des apparences trompeuses, des gestes calculés et des opérations de charme, les militants savent distinguer les actes sincères des postures opportunistes. Ils refusent de se prêter à ce qui s’apparente à une tentative de réhabilitation politique déguisée sous le couvert de la compassion.
Les militants restent vigilants, plus conscients et plus avertis que jamais. L’opinion publique, elle aussi, devient de moins en moins dupe des mises en scène et des stratégies de diversion.
Autres temps, autres mœurs
Souleymane SOUZA KONATÉ
