Nouveau Garde des Sceaux : Ibrahima Sory 2 Tounkara promet une refondation du système judiciaire
Guinée
Le nouveau Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a été officiellement installé dans ses fonctions ce mercredi 4 février 2026, lors d’une cérémonie organisée dans la salle de conférence de la chancellerie.
Dans son discours d’installation, le nouveau patron du département de la Justice a d’abord placé son mandat sous le sceau de la spiritualité et de la responsabilité morale. Il s’est incliné devant Dieu, qu’il a présenté comme la « source ultime de toute justice, de toute vérité et de toute équité », estimant que « c’est par sa volonté que l’homme est appelé à servir plus grand que lui ».
Ibrahima Sory 2 Tounkara a ensuite salué la confiance placée en lui par le président de la République, soulignant la portée républicaine de cette nomination. « Cette confiance est un mandat républicain, un serment tacite fait à la Nation, et une obligation de loyauté, de rigueur et de résultats », a-t-il affirmé.
Le nouveau ministre n’a pas éludé les défis auxquels fait face le système judiciaire. Selon lui, l’avènement de la cinquième République impose « une lucidité courageuse » face aux difficultés persistantes. Il a notamment évoqué les failles structurelles du secteur, parmi lesquelles le surpeuplement carcéral, les déficits en infrastructures judiciaires et le manque de cohésion institutionnelle.
Rappelant que la justice fonctionne comme une chaîne dont chaque maillon est essentiel, Ibrahima Sory 2 Tounkara a présenté les grandes orientations de son action, structurées autour de cinq engagements majeurs.
Le premier engagement porte sur la mise en œuvre d’une politique pénale à la fois responsable et humaine. Il s’agira notamment de veiller au respect strict des délais légaux, de réduire la détention provisoire et de promouvoir les alternatives à l’incarcération.
Le deuxième axe concerne la dignité carcérale, avec une lutte contre le surpeuplement des prisons, l’amélioration des conditions de détention et la modernisation de la gestion pénitentiaire.
Le troisième engagement met l’accent sur la formation comme levier de transformation du système judiciaire. Le ministre prévoit le renforcement de la formation initiale, l’institutionnalisation de la formation continue ainsi que la promotion de l’éthique, de la déontologie et du respect des droits de l’homme.
Le quatrième engagement érige les droits humains en principe directeur de l’action ministérielle, avec pour objectifs la protection effective des libertés fondamentales, l’accès équitable à la justice et la prévention des violations des droits humains.
Enfin, le cinquième engagement vise la modernisation et la cohésion du système judiciaire. Il prévoit notamment la réhabilitation des juridictions, la digitalisation progressive des procédures ainsi qu’une gouvernance judiciaire basée sur le dialogue et la responsabilité partagée.
Dans un appel à la mobilisation collective, le Garde des Sceaux a insisté sur la nécessité d’une implication de l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire. « Aucune réforme ne réussira sans une prise de conscience collective, proactive et courageuse », a-t-il déclaré, invitant magistrats, auxiliaires de justice, forces de sécurité et partenaires institutionnels à œuvrer ensemble pour bâtir une justice intègre et performante.
Concluant son allocution sur une note républicaine, il a rappelé que « la Justice n’appartient pas à un homme. Elle appartient à la République. Elle appartient au peuple ».
