Gaza: avec la réouverture du passage de Rafah, les Palestiniens espèrent se retrouver et se soigner
Gaza
Alors qu’il avait partiellement rouvert dimanche 1er, le point de passage de Rafah a rouvert lundi 2 février, cette fois-ci dans les deux sens : depuis et vers l’Égypte. Le seul point qui permet de relier la bande de Gaza au monde, sans passer par Israël, était fermé depuis le printemps 2024, mais il s’agit d’une ouverture « limitée au passage d’habitants », dans des conditions très strictes. Elle devrait pour l’heure rester fermée à l’entrée de l’aide internationale dans le territoire palestinien.
À la veille de l’ouverture officielle, lundi 2 février, les autorités israéliennes ont mis en place une opération test la veille, à Rafah, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin. Des images montraient des ambulances patientant pour l’ouverture de Rafah, les Israéliens ont parlé de phase pilote et les autorités palestiniennes disent que le passage dans les deux sens devrait réellement commencer lundi.
Un responsable israélien a annoncé lundi matin l’ouverture dans les deux sens du poste-frontière pour les habitants, après l’arrivée sur place de la mission européenne de surveillance EUBAM Rafah. Les Palestiniens estiment que 200 malades attendaient dimanche pour pouvoir passer en Égypte. Dans l’ensemble des prochains jours, 200 personnes devraient traverser côté égyptien, tandis que 50 feront le chemin inverse, assure-t-on au Caire. Cinquante personnes par jour pourront traverser le point de passage de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte dans chaque sens lors des premiers jours de la réouverture, ont rapporté lundi des médias égyptiens proches de l’État.
Environ 20 000 Palestiniens attendent de pouvoir quitter l’enclave pour avoir accès à des soins médicaux. Ils sont aussi plusieurs milliers à vouloir rentrer chez eux. La frontière devrait ouvrir environ six heures par jour, selon Kan. Une source à la frontière a indiqué à l’AFP que quelques dizaines de personnes étaient arrivées du côté égyptien en attendant de passer.
Situé dans un secteur encore occupé par l’armée israélienne, le poste-frontière de Rafah est soumis à des conditions draconiennes d’entrée et de sortie. Il faut une autorisation préalable des services de sécurité israéliens, ainsi qu’une autorisation des Égyptiens. De plus, le passage sera surveillé par des systèmes de reconnaissance faciale, sans compter la présence d’équipes européennes de surveillance pour superviser le point de passage. Les malades autorisés à sortir de l’enclave pourront être accompagnés de deux membres de leur famille. Ce qui signifie une centaine de personnes autorisées à quitter l’enclave et une cinquantaine admises dans l’autre sens.
Salma Kadoumi est journaliste à Gaza. Son frère a été blessé dans un bombardement il y a quelques mois et, depuis, elle attend pour le faire évacuer. Mais selon elle, dans ces conditions, « ce n’est pas une ouverture ».
Pour les malades cherchant des soins médicaux, le passage suit une « procédure extrêmement difficile », avec « très peu de visibilité pour savoir qui sera sorti et à quel moment » , déplore Claire Nicolet de l’ONG Médecins sans frontières (MSF), présente à Gaza. Lire la suite rfi ici.
