Les Critères pour déclarer la fin de la flambée d’Ebola en Guinée

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Définition de «zéro» cas d’Ebola

La flambée de maladie à virus Ebola sera considérée comme terminée dans l’un des pays cités ci-dessus lorsque 42 jours se seront écoulés après que le dernier cas confirmé ait donné deux tests négatifs à la recherche du virus dans des échantillons sanguins (voir Note 1 ci-dessous). Une fois terminée cette période de 42 jours, chaque pays doit maintenir un système de surveillance renforcée pendant encore 90 jours, puis ensuite assurer la surveillance continuelle et la notification. La fin de la flambée d’Ebola dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest sera déclarée quand la période de 42 jours sera terminée dans le dernier pays affecté.

Note 1. Il y a trois scénarios possibles pour le dernier cas lors d’une flambée d’Ebola

Le cas a été isolé et sa positivité confirmée. La personne a guéri et a donné ultérieurement des tests négatifs à la PCR sur deux échantillons sanguins prélevés par ponction veineuse à au moins 48 heures d’intervalle. Le décompte des 42 jours commence alors le lendemain du jour au cours duquel le second échantillon négatif à la PCR a été prélevé.
Le cas a été isolé et sa positivité confirmée. La personne est décédée dans l’Unité de traitement d’Ebola (UTE) et l’inhumation sans risque a été organisée par l’UTE. Le décompte des 42 jours commence le lendemain de l’enterrement.
Le cas était un contact d’un cas confirmé d’Ebola. La personne est décédée et a été enterrée dans la communauté. Sa positivité a été confirmée (échantillons prélevés positifs aux tests en laboratoire) ou c’est un cas probable (pas d’échantillons prélevés pour des analyses en laboratoire). Le décompte des 42 jours commence le lendemain de l’enterrement.
Note 2. Explication du critère des 42 jours, suivis de 90 jours supplémentaires de surveillance renforcée.

On considère que les 42 jours représentent le double de la durée maximale d’incubation pour les infections à virus Ebola. On peut donc juger que le délai de 42 jours après que le dernier cas a donné un test négatif par deux fois permet de confirmer l’interruption de la transmission interhumaine.

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Compte tenu du risque permanent de nouvelles importations de la maladie à virus Ebola dans n’importe quel pays jusqu’à ce que la transmission ait été interrompue dans toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, les conséquences d’une nouvelle émergence à partir d’un réservoir animal et la possibilité d’une transmission par voie sexuelle ou d’une chaîne de transmission passée inaperçue font qu’il faut maintenir une surveillance renforcée pendant 90 jours au delà de la période initiale de 42 jours. À cet égard, les considérations sont les suivantes:

Tant que la transmission du virus Ebola persiste en Afrique de l’Ouest, sa réintroduction par le biais d’un patient en phase d’incubation ou malade est possible, compte tenu de la porosité des frontières et des déplacements fréquents de personnes entre les pays. Pour cette raison, il faut maintenir un contrôle rigoureux aux frontières et une stricte surveillance jusqu’à ce que le virus Ebola ait disparu de toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. Ces activités supposent une solide collaboration transfrontalière et une mise en œuvre efficace des plans de préparation.
Selon les données disponibles, le virus Ebola peut persister à l’état viable dans le sperme pendant au moins 82 jours et peut-être pendant plus de 6 mois. Toutefois, on ignore encore la fréquence de la transmission par voie sexuelle et la durée de l’infectiosité potentielle du virus dans le liquide séminal. Par conséquent, avec des milliers de survivants en Afrique de l’Ouest, il y a une possibilité de réémergence du virus Ebola par transmission sexuelle au-delà de 42 jours.
En dehors de la transmission interhumaine, la réintroduction du virus Ebola à partir d’un réservoir animal dans la population humaine peut également se produire. Sur les six pays ayant connu des flambées d’Ebola dans le passé, deux ont signalé une deuxième flambée dans l’année qui a suivi (le Congo et la République démocratique du Congo), un dans les deux ans (le Gabon) et un dans les trois ans (le Soudan). Au total, quatre des six pays ont connu une seconde flambée dans un délai de trois ans. Deux pays (l’Ouganda et la Côte d’Ivoire) n’ont pas eu d’autres flambées au cours des cinq années suivantes.

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Note 3. L’importance d’éviter la stigmatisation pour les survivants

Hommes ou femmes, ceux qui survivent à une infection par le virus Ebola risquent d’être stigmatisés. Il ne faut ménager aucun effort pour réduire le plus possible la stigmatisation, au moyen de la mobilisation sociale, de l’engagement des communautés et de l’éducation. Des messages clairs doivent être élaborés pour:

(1) expliquer clairement que les survivants sont complètement guéris et ne présentent aucun risque pour l’ensemble de la communauté et

(2) veiller à ce que les survivants prennent des précautions suffisantes (c’est-à-dire l’abstinence ou l’utilisation des préservatifs) jusqu’à ce que le risque de transmission sexuelle ait disparu (voir ci après).

Modalités de la surveillance et des tests de laboratoire

Pendant la période finale des 42 jours
Au cours de cette période, les pays doivent : 1) assurer la recherche active des cas autour des cas confirmés et des chaînes de transmission, 2) mettre en œuvre la surveillance active et passive de la maladie à virus Ebola (par exemple au moyen de visites régulières dans les établissements de santé et en maintenant un système d’alerte et de signalement dans l’ensemble du pays), 3) faire des tests postmortem de recherche du virus Ebola après les décès dans les communautés et 4) proposer l’analyse d’échantillons de sperme aux survivants et, pour ceux qui donnent un résultat positif, faire des tests mensuels jusqu’à l’obtention de deux tests négatifs consécutifs. 1

Les autorités nationales doivent aussi veiller à un dépistage approprié des donneurs de sang et des produits dérivés. D’autres activités de surveillance de la maladie à virus Ebola peuvent inclure, en fonction des circonstances et des buts recherchés, des enquêtes sur les femmes enceintes sans antécédent d’Ebola 2 et une surveillance par réseau sentinelle des patients présentant une affection fébrile.

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Après la fin de la période de 42 jours
Une fois la période de 42 jours écoulée, il convient de maintenir des mesures de surveillance active et passive pendant 90 jours, de préférence intégrées à la surveillance d’autres maladies à potentiel épidémique (par exemple un système de surveillance intégrée des maladies et de riposte, IDSR). La surveillance passive de la maladie à virus Ebola et des autres maladies doit se poursuivre indéfiniment. De même, les mesures de lutte contre l’infection et les plans de préparation à Ebola doivent toujours rester en place et contrôlés dans tous les pays qui ont été touchés par cette maladie.

Les tests postmortem et les tests sur les échantillons de sperme des survivants doivent également se poursuivre pendant ces 90 jours supplémentaires dans chaque pays. D’autres activités de surveillance d’Ebola par réseau sentinelle pourront être envisagées en fonction des circonstances nationales et des buts recherchés (par exemple pour assurer la confiance dans le système de santé).

1Il faut vivement recommander aux survivants les pratiques sexuelles sans risque (utilisation du préservatif) ou l’abstinence.

2 Pour les femmes enceintes qui survivent à Ebola et poursuivent leur grossesse, il faut mettre en place les mécanismes d’un suivi clinique rigoureux. Des précautions de haut niveau pour la prévention et le contrôle de l’infection, dont le port d’un équipement de protection individuelle complet, doivent être appliquées pour la prise en charge des accouchements. Des tests de détection du virus Ebola et des tests sérologiques seront pratiqués pour les nouveau nés et il faudra prendre les précautions nécessaires pour les soins de l’enfant jusqu’à que les tests s’avèrent négatifs.

ANSS

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