Aliou Bah sur le déguerpissement en cours : « c’est un cycle qui n’a pas commencé avec ce régime »

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Aliou Bah, président du MoDel

Depuis quelques semaines, le gouvernement guinéen est en train de démolir des maisons dans le Grand Conakry (Conakry, Coyah et Dubreka). Pour Aliou Bah, président du parti MoDel ce processus ne date pas d’aujourd’hui.

« L’Etat guinéen détruit plus qu’il ne construit. Et très souvent la méthode prête à interrogation sur l’humanisme de l’Etat. L’Etat avant tout d’abord a une vocation d’être protecteur. Ça, c’est classique. C’est dans une situation quasi exceptionnel que l’Etat se met à ravager sinon l’Etat tient toujours des alternatives parce que son rôle c’est de soulager les citoyens.

La première interrogation que j’ai eue sur cette question, c’est ce que chaque fois qu’on parle de déguerpissement, de démolition puisque c’est un cycle qui n’a pas commencé avec ce régime, il est antérieur à ce régime. Le premier régime la fait, le second la fait, les mêmes pratiques continuent. Mais il y’a un terreau favorable à ça parce que c’est comme si les guinéens ont mis ça dans leur normalité. C’est normal que l’Etat détruit au point où même s’il faut s’acheter un terrain ou un bâtiment à Conakry, on n’a peur des documents parce que même les documents administratifs ne sont pas sécurisés. Donc, est-ce qu’il faut régler le problème en restant en surface pour dire Kaporo c’est ici Matoto c’est par-là ou bien il faut s’attaquer aux fondamentaux ?  Je pense que c’est la deuxième option. En tout cas en tant que personnalité publique, aspirant à la gouvernance, je préfère toujours les solutions qui peut être durable.

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Comment peut-on expliquer que tous ces déguerpis, toutes ces victimes de démolition on a jamais interpellé un signataire d’un acte officiel de l’Etat qui a attribué un domaine ou un bâtiment ou même une sorte de kiosque, parce que tous ceux qui occupent ces espaces si vous verriez la plupart d’entre eux ont un petit papier futile un papier venant du quartier ou du chef secteur ou de l’habitat. Mais on n’a jamais entendu que quelqu’un a été interpellé parce qu’il a attribué un domaine appartenant à l’Etat à un individu. Et pourtant ce sont les acquéreurs qui sont toujours victimes et ce qui les ont permis d’obtenir cela sont plus fautifs parce que c’est ceux-là qui les ont autorisés à aller y habiter ou mener une activité. Généralement aussi dans ces zones les gens cohabitaient avec l’Etat. L’Etat vient prélever des taxes, l’Etat envoie de l’électricité, l’Etat vient mettre des postes de gendarmerie, des postes de police. Nous avons infrastructures publiques. Une fois que cela est fait, cela veut dire que l’Etat cautionne et soutienne l’occupation des lieux… », a-t-il déclaré, dimanche dernier à l’AG Foutti-Laffidi.

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Salim   

 

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